Les éoliennes n'ont pas la côte !

un article de Jean Marc Desseyne du Courrier de l'Escaut

Les photos de Jean Marc Desseyne sont en bas de la page

Organisée par la Régionale Ecolo de Picardie, une conférence-débat a attiré une foule nombreuse dans la maison de l'entité à Celles. De nombreux opposants à l'implantation d'éoliennes à Escanaffles étaient présents. La conférence fut houleuse. Compte-rendu.

 

Les bons plans du ministre.

José DARAS, ministre des Transports, de la Mobilité et de l'Energie en Région Wallonne a présenté les mesures prises afin de développer les énergies renouvelables, dans le cadre du "PLAN DE MAITRISE DURABLE DE L'ENERGIE".

Ce plan s'articule autour de deux principes: consommer mieux, c'est à dire maîtriser la demande d'énergie, et produire mieux, grâce, notamment, aux énergies renouvelables.

Il est possible de " consommer mieux ", c'est-à-dire de conserver le niveau de confort énergétique actuel en utilisant sensiblement moins d'énergie. Beaucoup de mesures d'économie d'énergie déjà rentables permettent de limiter les émissions de C02.

Chaque secteur de consommation est concerné par les économies d'énergie: les entreprises industrielles - le secteur tertiaire et les ménages (les choix de chacun, quand il construit sa maison ou l'aménage, quand il choisit son chauffage ou son isolation).

Il s'agit évidemment aussi de développer les énergies renouvelables

(centrales hydroélectriques, éoliennes, biométhanisation  …)

En matière d'énergie éolienne, des projets apparaissent dans plusieurs sites venteux en Wallonie, suite au décret d'organisation du marché de l'électricité, qui instaure des certificats verts, impose aux distributeurs des quotas d'électricité verte et rend ainsi cette production économiquement plus intéressante..

Le marché de l'énergie éolienne est en pleine évolution. Dans le cadre des accords de Kyoto la Belgique, et donc la Région, se sont engagées à réduire de 7,5 % leurs émissions de C02.

 

Des éoliennes : oui, mais pas n'importe où !

Le nombre d'éoliennes à implanter d'ici 2010 nécessite l'élaboration de règles uniformes en termes de protection du cadre de vie et, plus particulièrement, en termes de sécurité, de préservation des paysages et de conservation de la nature.

Les promoteurs de projets, les institutions locales, les producteurs d'énergie, et surtout les particuliers sont demandeurs de directives concrètes en matière d'aménagement du territoire, d'urbanisme, d'environnement et d'énergie. C'est pourquoi le Gouvernement wallon a décidé de constituer une " cellule éolienne " chargée d'objectiver les conditions d'implantation en Région wallonne.

Quant aux critères qui sont à l'étude, quelques grandes orientations devraient être retenues. À savoir, des critères d'intégration paysagère (analyse des impacts paysagers) et de protection de l'environnement (impact sonore, impact sur la faune et la flore). Mais aussi, des critères techniques tel que la puissance des éoliennes (pour ne pas les multiplier, les éoliennes les plus puissantes seront privilégiées) mais aussi la qualité des sites en terme de vents, la proximité par rapport au réseau d'électricité, la possibilité d'éviter les nuisances (bruit, ombrage des pales en mouvement).

 

Réactions virulentes des riverains.

Il fallait s'y attendre : de nombreux riverains du site d'implantation des éoliennes à Escanaffles étaient présents dans la salle. Silencieux et attentifs lors de la conférence du ministre et des autres intervenants, ils se sont fait entendre lors du débat. Les riverains se sont organisés en comité et l'un d'entre eux, Monsieur Thieffry, avait été désigné pour prendre la parole. Son intervention fut sans appel. Il interpella le ministre en lui demandant :

Monsieur le ministre, vous ne connaissez pas comme nous notre région et son caractère rural et paysager. J'ai lu que votre collègue flamand du ministère de l'environnement souscrit pleinement au projet qui vise à installer des éoliennes le long des autoroutes, des voies TGV et dans les zonings industriels. Pourquoi, en Wallonie accepte-t-on de défigurer le paysage rural ? Les riverains du futur parc d'éoliennes ont délibérément choisi cette commune pour y jouir du droit au repos, du silence et de la beauté du paysage. Nous sommes pour l'utilisation des énergies renouvelables mais nous sommes inquiets sur leur implantation.

Afin de concrétiser leurs doléances, un petit groupe amena alors une maquette impressionnante du site choisi, flanqué d'une éolienne de 120 mètres de haut. La maquette avait été réalisée à l'échelle et l'éolienne était en rotation grâce à un petit moteur électrique. Seules imperfections, la largeur du mat avait été exagérée et la distance entre les maisons non respectée.

La surprise pouvait se lire sur le visage du Ministre et de ses acolytes : Je suis étonné de l'ampleur de vos réactions négatives, je ne cherche pas à imposer ce que les gens ne veulent pas mais vous devez bien comprendre que le site choisi présente toutes les caractéristiques nécessaires à l'implantation d'éoliennes et surtout et non des moindres, l'importance du vent. L'entité de Celles n'est pas une île, nous sommes tous interdépendants. Nous désirons tous faire un effort pour l'environnement.

Le ministre se voulut rassurant en certifiant que l'engin dévoilé dans cette maquette ne représentait pas la stricte réalité. On put ainsi apprendre que la proximité de l'aérodrome d'Amougies obligerait, néanmoins, les constructeurs à peindre des bandes rouges sur les pâles et sur le mat et qu'un flash nocturne orienté vers le ciel serait aussi installé.

 

Vite dit.

Michel Pecquereau, échevin des travaux, s'est inquiété des avantages d'une telle installation pour l'institution communale. La commune jouant, d'après lui, le rôle d'observateur, ne toucherait aucune compensation d'ordre financier.

Un riverain a proposé au ministre de faire réaliser une étude cartographique des sites possibles d'implantation d'éoliennes (les zonings et les autoroutes principalement) afin que chaque promoteur puisse ainsi choisir son site et non l'imposer.

Les marais d' Escanaffles accueillent chaque année des tadornes de Belon lors de leur migration. Quelques couples de ces volatiles y restent pour nicher. Les mouvements des pales pourraient les faire fuir.

Un habitant de Perwez, commune pilote en matière d'énergie éolienne, a voulu rassurer les Cellois en leur certifiant que les nuisances étaient réduites au minimum.

La Belgique compte actuellement 54 éoliennes mais seulement 2 en Wallonie.

Plus de 40 projets sont actuellement à l'étude. Pour atteindre les objectifs de Kyoto, il en faudrait entre 150 et 200. 

L'étude d'incidence à Celles est presque terminée. Les résultats seront connus début juin et pourront être consultés à l'administration communale.      

 

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